mardi 21 avril 2015

Faire traduire son livre : Heart Collector premier bilan

Après avoir vu dans les articles précédents :
Faire traduire son livre : notre retour d’expérience. 
Faire traduire son livre : pour aller plus loin.
Faire traduire son livre : Amazon Crossing.
Faire traduire son livre : Amazon Crossing, c'est quoi ? 
Faire traduire son livre : Kindle First, c'est quoi ?
Faire traduire son livre : Un bilan avec Heart Collector 


Vous savez que, forts d’une petite expérience de traduction en tant qu’auteur indépendant, nous avons pu estimer l’investissement (financier certes, mais aussi en travail) requis pour se lancer soi-même dans l’aventure de la traduction.

Nous en avions conclu que nous n'étions pas prêts à nous lancer dans une telle aventure par nous-même.

Une chance ! Amazon Crossing nous a proposé de prendre en charge la traduction d’Au Cœur du Solstice
Nous avons bien sûr sauté sur l’occasion. Une telle proposition ne se refuse pas. Ou alors avec de sérieux arguments.

Les processus de traduction puis d’édition terminés, c’est donc avec plaisir que nous avons vu apparaître dans les différentes librairies d’Amazon.
Et le 1er janvier... c’était parti, en offre spéciale Kindle first
Une offre qui nous aura permis d’atteindre la troisième place des meilleures ventes sur Amazon.com.
Un grand moment pour « Jacques Vandroux », illustre inconnu il y a à peine trois ans.



Bon, certes, dès la mise en vente officielle du livre, c’est à dire dès le 1er février, ce rang a fortement diminué, mais les ventes restent cependant très honorables, et bien supérieures à ce que nous aurions réussi à atteindre si nous avions été livrés à nous-mêmes : pas loin de 20 000 ventes à ce jour.

Pendant ce premier mois, le livre a été téléchargé par de nombreux lecteurs, pour la plupart gratuitement, dont certains bien sûr ont laissé un commentaire sur Amazon. Et malgré les nombreux commentaires désobligeants, nous pouvons être fiers de la note moyenne des commentaires.

Petit cadeau commémoratif qui fleure bon l'Amérique


Avant d’aller plus loin, je précise plusieurs points :
  • la traductrice qui a œuvré parle couramment plusieurs langues, et elle est américaine d’origine et a fait des études littéraires.
  • Le livre une fois traduit, au cours du processus d’édition, a été revu et approuvé par au moins trois personnes, dont l’éditeur, qui est elle aussi Américaine et multilingue.
  • Il faut bien être conscient du fait que les Américains (du moins dans la classe moyenne) sont peu habitués à lire des livres traduits. Ils ont d’ailleurs tellement de choix chez eux, que cet effort intellectuel de lire des auteurs traduits est loin d’être normal pour eux.
Et j’en arrive aux commentaires des lecteurs.
  • Bien sûr, certains (peu nombreux) n’ont pas aimé l’histoire. Normal ! Il y en a toujours !
  • D’autres au contraire (la majorité heureusement) ont trouvé l’histoire très à leur goût, et nous avons eu beaucoup de mails de remerciements ou de félicitations, ainsi qu’un afflux de demandes d’amis Facebook anglophones. Vraiment sympa !
  • Enfin, à notre grande surprise, voire inquiétude, nous avons vu un certain nombre de commentaires (toujours trop dans ces cas-là), critiquant, parfois avec virulence, la traduction du livre. Je vous les résume ici :
    - Trop littéraire
    , langage trop soutenu
    - Style trop enfantin

    - Trop vulgaire
    (Oh my God! The f*** word!)
    - Trop français

    - Trop de points d’exclamation

    - Trop américain

    - " Dommage que le traducteur ne soit pas anglophone " !!!
    - Trop de noms de personnages imprononçables (eh ben oui, normal, on n’allait pas donner un pseudonyme à consonance anglaise aux personnages comme le suggère naïvement un commentateur!!)

    - Trop difficile !

    - Une traduction ?!? Vous n’y pensez pas ! je ne vais pas lire ça !
    - Des différences culturelles amusantes : visiblement, il semble insultant pour certains de qualifier de "jeune femme" une femme de 35 ans. Ah bon !?! Et ce n'est qu'un exemple.
    - Un lecteur s'est également senti insulté par une plaisanterie sur les Américains : " Si cet auteur veut devenir un auteur international, il devrait commencer par éviter d'insulter ses lecteurs ! "
    N’ayant jamais vu de tels commentaires sur un livre américain traduit en français par des professionnels, nous nous en sommes ouverts à notre éditrice.
    Son analyse (qui rejoint les réflexions que nous nous étions faites) est la suivante :
    • L’utilisation d’un programme comme Kindle first pour la promotion d’un livre est formidable. Mais cela attire des lecteurs qui n’auraient jamais choisi votre livre s’ils avaient dû l’acheter. Ils seront donc beaucoup plus critiques en moyenne que pour un livre moins en vue. On retrouve en France ce phénomène des commentaires critiques pour les livres proposés gratuitement ou pour les livres qui ont bénéficié de mises en avant importantes dans les médias.
    • Une grosse partie de ces lecteurs n’est pas habituée à lire des traductions, et n’apprécie pas forcément (a contrario, certains lecteurs ont écrit des commentaires du type « je n’aurais pas choisi ce livre s’il n’avait pas été proposé dans Kindle First, car je ne lis pas de traductions habituellement. Mais je suis heureux de l’avoir fait, j’ai beaucoup aimé ce livre... »)
    • Beaucoup de traducteurs ont droit à ce type de commentaires, et même des traducteurs qui ont derrière eux une solide expérience et qui ont déjà gagné des prix de traduction.
    • Il y a plus de fans que de détracteurs, et malgré toutes ces critiques, la moyenne des commentaires était de 3.8, soit une des meilleures notes parmi les 4 ouvrages proposés en janvier avec le programme Kindle First.
    • Le retour d’expérience de ces commentaires et la prise en compte de certains d’entre eux devraient permettre de limiter ce type de retour pour la prochaine traduction (Projet Anastasis)
    Voilà donc qui nous rassure...

    Mais si je vous raconte tout ça, c’est bien pour illustrer le propos qui a été mon fil conducteur tout au long de ces articles : 
    • une traduction, ça ne s’improvise pas.
    • une traduction, cela doit être fait par un professionnel dont c’est la langue maternelle.
    Car si une traductrice professionnelle essuie déjà une telle volée de commentaires désagréables sur son travail, imaginez ce qu’il en sera pour une traduction artisanale.

    Pour l'anecdote, un effet secondaire, notre nouvelle en anglais « Take off ! » qui fut un bide total au moment de sa publication commence à décoller très légèrement (on appréciera le jeu de mots).


    Et pour finir qelques commentaires amusants sur les versions anglaise et allemande.

    "Celui qui invente une histoire pareille doit  à la fois avoir un esprit légèrement , dérangé mais d'autre part , une imagination unique. "
    "Personnage féminin bien écrit pour un auteur masculin"   
    Et enfin, le commentaire qui nous a le plus amusés, et qui en dit long :
    "Not bad for a French author" (Pas mal pour un auteur français) 

    Et c’est sans doute le mot de la fin sur ce sujet... à moins que j’aie d’autres choses à rajouter un jour... peut-être sur la version allemande du livre qui a déjà très bien démarré.



    À bientôt pour de nouvelles aventures.

    Jacques-Line Vandroux



    2 commentaires:

    1. Merci pour le partage de vos aventures. Bravo à vous d'avoir relever les défis ! ^^

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. C'est le côté sympa de l'autoédition. En tout cas, notre conclusion est simple : seuls et sans appui, nous ne tenterons plus l'aventure, et nous préférons investir ce temps dans un nouveau roman en français.

        Supprimer