lundi 28 avril 2014

Faire traduire son livre : notre retour d'expérience

Chose promise, chose due: après vous avoir fait languir tout au long de mes articles précédents sur le sujet :
Faire traduire son livre : qui doit le faire ?
Faire traduire son livre : combien ça coûte ?
Faire traduire son livre : interactions avec le traducteur.
Faire traduire son livre : de la difficile promotion.
Faire traduire son livre : notre retour d'expérience.
Faire traduire son livre : pour aller plus loin. 
Faire traduire son livre : Amazon Crossing.
Faire traduire son livre : Amazon Crossing, c'est quoi? 
Faire traduire son livre : Kindle First, c'est quoi ?
Faire traduire son livre : Un bilan avec Heart Collector 


Vous voulez enfin savoir ce qu'il en est pour nous.

En réalité, nous n'avions pas du tout prémédité de nous lancer dans la traduction des romans de Jacques. Tout au plus nous étions nous intéressés aux tarifs pour un éventuel projet futur de Jacques qui concerne une partie anglophone du Canada. Mais tout cela étant très loin d'être à maturité, nous nous étions arrêtés là.

Et pourtant, un jour, nous avons été sollicités par un traducteur, qui nous a proposé de travailler pour nous. Par curiosité, nous nous sommes renseignés sur les tarifs et lui avons proposé un petit échantillon de texte à traduire pour nous faire une idée de son style. 
Après quelques échanges, nous sommes tombés d'accord pour une traduction en anglais de 'Décollage imminent' qui est donc devenu 'Take-off!'. Une nouvelle courte, et donc un tarif maîtrisé, qui nous permettait de nous familiariser avec le processus de la traduction, sans que l'enjeu financier soit trop important.
En parallèle, la fille d'une amie dont le souhait est de devenir interprète français/italien de profession, avait besoin d'étoffer un peu son CV et nous a proposé de traduire des livres de Jacques. Nous lui avons donc proposé de commencer par le plus court. "Décollage imminent" est alors devenu "Decollo imminente".

Bien sûr, comme je vous l'ai recommandé préalablement, dans chacun des deux cas, un contrat en bonne et due forme a été établi.

Pour ce qui est des relectures et corrections ? 
  • En italien, j'ai fait une confiance aveugle: de toute façon, je n'aurais rien pu vérifier. Mais notre traductrice s'est fait relire par des amis Italiens, et comme ce texte est tout de même assez court, cela est plus facile.
  • En Anglais, c'est moi qui ait assuré le rôle de relectrice, en corrigeant uniquement les éventuelles fautes d'orthographe ou grammaire, en signalant les répétitions, et en veillant à ce que la typographie anglo-saxonne soit respectée. Pour ce qui est des éventuelles erreurs de style... ma foi, s'il y en a, je ne les ai pas vues. Nous avons aussi fait relire le texte à des amis anglophones.
Et pour la promotion ?
Il est vrai que je n'avais pas vraiment de temps à consacrer à la promotion de ce titre. Je n'ai donc utilisé que les outils disponibles pour un livre coutant 0.99 euros/dollars/pounds, à savoir:
  • Demander au traducteur de le promouvoir autour de lui
  • Utiliser les cinq jours de promotion gratuite grâce à KDP Select. Ces cinq jours étant répartis en 2+3 jours, relayés sur différents groupes facebook anglophones pour la traduction en anglais, et pour celle en italien, relayés uniquement sur le forum KDP dans un italien approximatif de google traduction sur le forum KDP.

Et maintenant, les chiffres :


Nombres d'ebooks Kindle disponibles dans la bibliothèque Kindle au jour où j'écris :
En anglais : 1 968 801
En Italien : 70 784, soit presque 28 fois moins !!

Nombres d'ebooks téléchargés pendant les cinq jours de gratuité proposés :
En Anglais : 62 :-( sans commentaires...
En Italien : 128, soit plus de deux fois plus !! Malgré une quasi absence de publicité.

Et maintenant le grand final: nombre d'exemplaires vendus (format ebook et papier) :
En Anglais : 7
En Italien :  57, soit plus de huit fois plus !!

Pas terrible non ?

Une première conclusion qui s'impose est que si on ne fait pas une véritable promotion de son livre, on ne risque pas de vendre grand chose en anglais C'est beaucoup moins le cas pour l'italien, une langue pour laquelle l'offre est encore réduite comparativement.
Mais peut-être qu'avec l'outil Kindle Countdown Deal, utilisable pour un livre coûtant au moins 2.99 dollars, ces chiffres auraient-ils été différents ? Peut-être... Nous n'avons pas essayé... et nous n'essayerons certainement pas dans les même conditions pour les gros romans de Jacques.

Et voilà ! Tout ce processus demande du temps, de l'argent, du travail... 

Donc si vous vous dites que malgré tout vous avez une chance, que vous voulez tenter le coup, faites le... vous le regretteriez si vous n'essayez pas.
Mais réfléchissez tout de même à un moyen de promotion efficace !!

Et si jamais vous avez de la chance, et que vous vendez vraiment beaucoup de livres, réfléchissez à votre nouveau statut, car celui d'auto-entrepreneur ne suffira plus.

La prochaine fois, j'évoquerai des possibles alternatives.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Jacques-Line



2 commentaires:

  1. Merci pour ce retour. Si on additionne les auteurs anglophones provenant des USA, de Grande-Bretagne, du Canada anglais, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du continent Indien, la concurrence est colossale ! À mon avis, il faudrait vous faire connaitre auprès de certains blogs comme celui de Nina Amir ou ou de Daphne Grant Gray-Grant par exemple. Il y en a bien d,autres. Et évidemment, est-ce que ça vaut la peine ? Sinon, pourquoi pas une traduction en espagnol ou en allemand ?
    En tout cas, merci ! C'est très éclairant.

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    1. Merci de ce retour MarieBo,
      Effectivement, il faudrait faire une promotion active pour avoir une petite chance que cela fonctionne.Mais vu le peu de temps dont je dispose, le peu d'envie de solliciter des blogueurs (y a rien à faire, je n'aime pas solliciter!), le coût considérable d'une traduction d'un des romans de Jacques (j'ai beau faire, mais il n'arrive à écrire que des pavés :) )
      bref, tous seuls, on ne se lancera pas. L’allemand peut être une bonne option puisque les ebooks marchent très bien en Allemagne, et il y a beaucoup moins d'auteurs concurrents. C'est ce que tente Jean-Philippe Touzeau en ce moment avec l'arrivée d'une version allemande de la femme sans peur.

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